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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 07:20

On ne juge pas un musulman apostat pour la conséquence de ses paroles ou de ses actes.


La conséquence d’une parole ou d’un acte, en arabe « Lâzim Al Qawl » ou « Lâzim Al Fi‘l » (لازم القول) (لازم الفعل) désigne l’effet entrainé fatalement par une parole ou un acte donné.

 

Cheykh Al Islâm Ibn Taymiya fut interrogé :

وأما قول السائل‏:‏ هل لازم المذهب مذهب أم ليس بمذهب ‏؟‏ فالصواب‏:‏ أن مذهب الإنسان ليس بمذهب له إذا لم يلتزمه، فإنه إذا كان قد أنكره ونفاه كانت إضافته إليه كذبا عليه بل ذلك يدل على فساد قوله وتناقضه ... ولو كان لازم المذهب مذهبا للزم تكفير كل من قال عن الاستواء أو غيره من الصفات أنه مجاز ليس بحقيقة، فإن لازم هذا القول يقتضي أن لا يكون شيء من أسمائه أو صفاته حقيقة

« Quant à la question : Est-ce que la conséquence d’une doctrine fait partie de cette doctrine ou non ; ce qui est juste c’est de dire que la conséquence de la doctrine d’un individu ne fait pas partie de sa doctrine tant qu’il ne l’adopte pas. En effet, s’il conteste et condamne cette conséquence, alors il serait un mensonge à son encontre que de la lui attribuer, mais cela prouvera par contre la fausseté de sa doctrine et sa contradiction… Et si la conséquence d’une doctrine faisait partie de cette doctrine, il faudrait alors bannir de l’Islam toute personne affirmant que l’établissement d’Allah sur le Trône, et autres attributs, sont des métaphores et non des réalités ; car la conséquence de cette doctrine implique qu’aucun nom ni attribut d’Allah n’est réel. »[1][Majmoû‘ Al Fatâwâ 20/217]

 

Ibn Hazm dit :

وأما من كفر الناس بما تؤول إليه أقوالهم فخطأ لأنه كذب على الخصم وتقويل له ما لم يقل به وإن لزمه فلم يحصل على غير التناقض فقط والتناقض ليس كفراً بل قد أحسن إذا فر من الكفر

« Quant à celui qui traite les gens de mécréant sur base de ce qu'entraînent leurs paroles, c’est une erreur, car c’est un mensonge à l’encontre de l’opposant, et c’est lui faire dire ce qu’il n’a pas dit. Et même si cela lui implique, il n’en résultera qu’une contradiction uniquement, et la contradiction n’est pas une mécréance. Et même, lorsqu’il fuit de la mécréance [en contestant la conséquence de sa parole], il aura très bien fait. » [Al Fiçal 3/129]

 

Exemple : Les Mou‘tazila affirment les noms mais nient les attributs. Ça veut dire qu’ils disent qu’Allah sait sans science ; qu’Il entend sans audition, qu’Il voit sans vue, qu’Il parle sans parole etc. ; ils disent ça sur base de leur raisonnement qui est que : Allah n’est pas une science et Allah n’est pas une parole, or si ces attributs ne sont pas Allah c’est qu’ils sont autre qu’Allah, et si ont dit que d’autres qu’Allah ont existé avec Allah depuis toujours alors c’est du polythéisme car on donne à Allah des associés dans l’éternité.


Mais de l’autre coté, ils savent aussi qu’il ne leur est pas possible de nier qu’Allah sait toute chose et entend toute chose car ils savent que sans ces noms là Allah ne mériterait pas d’être adoré… Alors, ils ont voulu lier entre les deux en disant qu’Allah sait ; mais sans science, Allah entend ; mais sans audition, Allah voit, mais sans vue etc. Qu’Allah nous préserve de l’égarement.


Mais nous, nous savons que lorsqu’on dit qu’une chose n’a pas de vue ni d’audition cela entraîne qu’elle ne voit pas ni n’entend ; et qu’il est impossible que quelqu’un entende sans audition ni ne voit sans vue. Mais nous ne pouvons faire le Takfîr des Mou3tazila tant que ceux-ci admettent qu’Allah entend et voit et sait et est capable de toute, parle etc.


            C’est pour ça qu’on dit : la thèse des Mou3tazila implique de dire qu’Allah n’entend pas, ne voit pas etc. Mais tant qu’ils n’y adhèrent pas clairement : ils ne seront pas mécréant jusqu’à ce que la preuve leur soit établi.

 

Al Qâdhî ‘Iyâdh dit :

فأما من أثبت الوصف ونفى الصفة فقال أقول عالم ولكن لا علم له ومتكلم ولكن لا كلام له وهكذا في سائر الصفات على مذهب المعتزلة فمن قال بالمأل لما يؤديه إليه قوله ويسوقه إليه مذهبه كفره لأنه إذا نفى العلم انتفى وصف عالم إذ لا يوصف بعالم إلا من له علم فكأنهم صرحوا عنده بما أدى إليه قولهم وهكذا عند هذا سائر فرق أهل التأويل من المشبهة والقدرية وغيرهم ومن لم ير أخذهم بمأل قولهم ولا ألزمهم موجب مذهبم لم ير إكفارهم قال لأنهم إذا وقفوا على هذا قالوا لا نقول ليس بعالم ونحن ننتفى من القول بالمأل الذى ألزمتموه لنا ونعتقد نحن وأنتم أنه كفر بل نقول إن قولنا لا يؤول إليه على ما أصلناه فعلى هذين المأخذين اختلف الناس في إكفار أهل التأويل وإذا فهمته اتضح لك الموجب لاختلاف الناس في ذلك والصواب ترك إكفارهم والإعراض عن الحكم عليهم بالخسران وإجراء حكم الإسلام عليهم

« Quant à ceux qui affirment le nom en contestant l’attribut, et dit : « Je dis qu’Il Sait, mais Il n’a pas de savoir, Il parle mais n’a pas de parole... » Et ainsi de suite pour tous les attributs d’Allah, comme dans la doctrine des Mou‘tazila : celui qui leur attribue la conséquence de cette doctrine les bannira de l’Islam, car lorsqu’on conteste le savoir il en implique de contester le nom de Savant, car le seul qu’on puisse nommer « savant », c’est celui qui a un savoir. C’est comme s’ils se rendaient compte de la conséquence de leur doctrine [ce pourquoi ils affirment quand même qu’Allah est savant] et il en est de même pour tout les hérétiques anthropomorphistes et Qadarites. Par contre, celui qui ne leur attribue pas la conséquence de leur doctrine et ne les punis pas en conséquence, et ne leur impose pas la conséquence de leur doctrine : il ne les bannira pas de l’Islam car il dira que : s’ils s’arrêtent là-dessus et disent « Nous ne disons pas qu’Il n’est pas Savant, nous n’adoptons pas la conséquence que vous voulez nous forcer d’adopter, et nous sommes d’accord avec vous que cette conséquence est une mécréance, et nous affirmons que notre doctrine d’implique pas ce que vous dites sur base de nos principes. » Et c’est sur ces deux avis qu’ont divergé les gens sur la question de bannir les hérétiques de l’Islam. Lorsque tu l’auras compris, tu comprendras alors la raison qui mena à cette divergence. Et le plus juste est de laisser leur bannissement de l’Islam, et renoncer de leur affirmer le verdict de perdition, et leur appliquer les statuts du musulman. » [Ach-Chifâ’ 2/293-294]

 

Autre exemple : Les Achâ‘ira disent que la Foi signifie uniquement : admettre la vérité, toute personne qui admet la vérité est donc un croyant méritant le Paradis.


La conséquence de leur définition de la Foi est : que Satan est un croyant qui mérite le Paradis, car il admet la vérité et ne dément pas Allah.


Cela-dit, aucun Ach‘ârî ne prétend que Satan est un croyant qui mérite le Paradis, mais au contraire ils affirment bel et bien que Satan est un mécréant qui sera éternellement en Enfer.


Il y a donc contradiction entre leur doctrine et la conséquence de leur doctrine : ceci est une preuve catégorique que leur doctrine est décadente et fausse, car lorsqu’une doctrine est en contradiction avec sa conséquence, cela prouve sa fausseté.


Mais il n’est pas permis d’attribuer à leur doctrine la conséquence de leur doctrine, et encore moins de les juger mécréant sur base de cette conséquence ; sauf s’ils adoptent cette conséquence, c'est-à-dire sauf s’ils acceptent de dire que Satan est un croyant qui mérite le Paradis : dès-lors ils seront apostat à l’unanimité des musulmans pour avoir démentit une chose tellement élémentaire que même les juifs et les chrétiens l’attestent.

 

Exemple dans l’acte : Lors d’une guerre, informer les ennemis de la venue de l’armée musulmane a pour conséquence de donner aux mécréants l’occasion de se préparer à l’attaque, ce qui serait une aide envers eux. Mais le simple avertissement en soit n’est pas une aide et donc n’est pas une cause d’apostasie net et précise, mais plutôt un acte confus, dont la conséquence peut être une mécréance.


C’est pour cette raison que Hâtib Ibn Balta‘a ne devint pas mécréant lorsqu’il voulu avertir les idolâtres de la venue des musulmans, cherchant par là un moyen d’avertir ses proches afin que ses biens soient protégés, et son acte n’était pas en lui-même un soutient des mécréants :


‘Alî ibn Abi Tâlib, qu’Allah l’agrée, dit « Le Prophète qu’Allah le bénisse et le salue m’envoya avec Zoubeyr, et nous dit « Partez jusqu’à ce que vous trouviez une femme, elle emmène avec elle une lettre. Emparez-vous en. » Alors nous partîmes jusqu’à ce que nous la trouvâmes. Nous lui dîmes : « Donne nous la lettre ! » Elle dit « Je n’ai aucune lettre ! » Nous dîmes alors « Tu va nous donner cette lettre, ou nous arracherons ton vêtement ! » Elle nous donna alors la lettre, et nous la prîmes alors et l’apportâmes au messager d’Allah qu’Allah le bénisse et le salue. Dedans, il y avait écrit « De la part de Hâtib ibn Abi Balt‘a à l’attention des idolâtres de la Mecque » Puis il les informait de certaines choses au sujet du messager qu’Allah le bénisse et le salue. Alors le messager qu’Allah le bénisse et le salue dit « Qu’est ce que c’est que cela Hâtib ?! » Il répondit : Attend que je t’explique Ô messager, j’étais quelqu’un d’attaché à Qouraych, mais je n’étais pas des leurs. Les émigrés qui sont venus avec toi avaient des proches là bas qui protègent leurs familles à la Mecque, alors j’ai voulu aussi avoir quelqu’un qui puisse protéger mes proches. Je n’ai pas fait cela pas mécréance de ta religion ni par satisfaction de la mécréance après l’islam. Le prophète qu’Allah le bénisse et le salue dit alors « Il vous a dit la vérité. » Alors ‘Omar dit « Laisse-moi trancher la tête de cet hypocrite ! » et dans une version « Il a mécru ! » Alors le messager d’Allah dit « Il a assisté à la bataille de Badr, et quand sais-tu si Allah ne s’est pas penché sur les gens de Badr et leur a dit « Faite ce que vous voulez, je vous ai pardonné. » [Rapporté par Al Boukhari, Mouslim, et d’autres.]


Et dans une version Ahmad et Abou Ya‘la rapportent que Hâtib a dit : « Je ne l’ai pas fait par traîtrise ni hypocrisie envers le Messager d’Allah, et je savais qu’Allah allait donner la victoire à Son messager et accomplir Sa lumière. »

 

Analyse du Hadîth :


o   Hâtib était persuadé que la victoire était d’avance accordée aux musulmans, et donc que son avertissement n’aurait aucun effet sur la victoire des musulmans.


o   La conséquence de son acte était une aide pour les mécréants contre les musulmans : et ceci est une mécréance.


o   Hâtib n’est pourtant pas devenu mécréant pour cela, car on ne devient pas mécréant pour la conséquence de ses actes, mais bien pour ses actes en soit.


Un autre exemple contemporain : Porter plainte à la police mécréante : ceci aura pour conséquence des poursuites judiciaires, et fera passer le coupable devant le tribunal du Tâghoût : et ceci est une mécréance. Mais le simple faite de porter plainte, lui, n’est pas en soit un recours à la Loi et au jugement du Tâghoût, car ce n’est pas la police qui rend des jugements et des verdicts : la police elle ne fait que rechercher l’accusé et l’arrêter dans un premier temps, puis éventuellement engager des poursuites pour le faire juger. Donc, porter plainte à la police n’est pas en soit un acte d’apostasie, mais sa conséquence amène à une mécréance qui est : le recours à la justice du Tâghoût.


Donc, celui qui porte plainte à la police n’est pas coupable de grande mécréance, et ne peut être jugé apostat pour cela, même si la conséquence de cette plainte amènera à une mécréance ; car la règle dit : « On ne juge pas un homme d’après la conséquence de sa parole ou de son acte. »

 

Points à retenir :


Ø  On ne juge pas mécréant les gens pour les conséquences de leurs paroles, actes ou doctrines.


Ø  On ne juge mécréant les gens que sur base de ce qu’ils ont réellement fait, dit ou adopté.


Ø  Lorsque l’avis d’une personne contredit la conséquence de son avis : cela prouve que son avis est faut.



[1] La citation a été légèrement résumée.

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  8365-حَدَّثَنَا فُضَيْلُ بْنُ عِيَاضٍ ، عَنِ الأَعْمَشِ ، عَنْ خَيْثَمَة ، عَنْ عَبْدِ اللهِ بْنِ عَمْرٍو , قَالَ : يَأْتِي عَلَى النَّاسِ زَمَانٌ يَجْتَمِعُونَ وَيُصَلُّونَ فِي الْمَسَاجِدِ وَلَيْسَ فِيهِمْ مُؤْمِنٌ. [مستدرك الحاكم برقم ٨٣٦٥]


Foudhayl Ibn Iyadh nous   rapporte, d’après Al-Amach, d’après Haythama, d’après Abd’Allah Ibn Amr   -qu’Allah les agrée- qui a dit : « Viendra au gens une époque ou il se rassemblerons et prierons dans les mosquées sans qu’il n’y est parmi eux, un seul croyant. » (Musulman Authentifié et rapporté par Al-Hakim n°8365, Ibn Abi Chayba n°30992, Kanz Al-Oumal n°31109, Al-Ajouri dans Al-shari’a page 87, Faryabi dans Sifat Al-Mounafiq n°101

 

30244- حَدَّثَنَا وَكِيعٌ ، عَن مُوسَى بْنِ عُبَيْدَةَ ، عَن وَهْبِ بْنِ وَهْبٍ ، عَن سَعِيدِ بْنِ الْمُسَيَّبِ ، عَن عُمَرَ ، أَنَّهُ كَانَ يَقُولُ إذَا اسْتَلَمَهُ يَعْنِي الْحَجَرَ : آمَنْت بِاللهِ وَكَفَرْت بِالطَّاغُوتِ. [مصنف ابن ابي شيبة برقم ٣٠٢٤٤]

 

Wakihrapporte, d’après Moussa Ibn Oubayda, d’après Wahb Ibn Wahb, d’après Saïd Ibn Al Moussayib, que Omar Ibn Al Khattab -qu'Allah les agrées- lorsqu’il touchait la pierre noir, disait : « J’ai Foi en Allah et je mécroie au Taghout » Rapporté par Ibn Abi Chayba dans sont Moussanaf n°30244 et n°16044

 

3518- حَدَّثَنَا حَاتِمُ بْنُ إسْمَاعِيلَ ، عَنْ جَعْفَرٍ ، عَنْ أَبِيهِ ، قَالَ : كَانَ عَلِيُّ بْنُ الْحُسَيْنِ يُعَلِّمُ وَلَدَهُ يَقُولُ قُلْ آمَنْت بِاَللَّهِ وَكَفَرْت بِالطَّاغُوتِ. [مصنف ابن ابي شيبة برقم ٣٥١٨]

 

Hatim Ibn Ismaïl rapporte d'après jaffar, d'après sont père qui dit: « Ali Ibn Al Housseyn -qu'Allah les agrées- enseignait a son fils ces paroles : « Dis : J’ai cru en Allah et mécru au Taghout. » Rapporté par Ibn Abi Chayba dans sont Moussanaf n°351

 

 

Mouadh Ibn Jabal –qu’Allah l’agrée- a dit : « J’accepte la vérité de quiconque l’apporte même si c’est un mécréant ou un pervers, et méfiez vous de l’égarement du sage, ils ont dis : comment savoir lorsqu’un mécréant dit une parole de vérité ? Il dit : la vérité est lumière. » Authentique rapporté par Abou Daoud n°4611 (202/4) Al-Hakim n°8422 (4/507) Bayhaqi n°20705 (10/210) Dhahabi 1/405 Majmoû‘Al Fatâwâ

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